1. Chapitre Premier : concepts généraux du droit (sections I et II).
2. Thème de réflexion : comparez la place du droit au Krassland et en RFV.
En cas de problème dans la compréhension de ce cours, ou de questions, n'hésitez pas à me faire part de vos questions.
Cette introduction, très théorique (mais on peut faire
vraiment pire, je vous assure), est destinée à poser quelques
généralités indispensables pour comprendre ce qu’est
le droit. On réduit bien souvent le droit au droit pénal.
Or, le droit pénal n’est qu’une branche du droit parmi d’autres.
On étudiera dans une première section la notion de droit
(I), puis les concepts fondamentaux du droit (III). Une troisième
section sera consacrée aux sources du droit, mais elle fera l’objet
de la prochaine séance.
Cette séance est complétée par un sujet de devoir,
avec des indications méthodologiques.
Section première. Le droit
§1. Définitions du droit
A. Trois sens du terme droit
Le terme droit peut avoir trois sens :
B. Une première définition
du droit
Au sens de ce court, le droit désigne un ensemble
de règles générales, abstraites et impersonnelles
qui régissent les comportements des individus dans une société
donnée et sont sanctionnés par l’autorité publique.
Cette définition est contestable, et elle n’est valable qu’à
certains moments de notre histoire.
Reprenons cette définition.
1. Des règles générales, abstraites et impersonnelles
Les règles de droit sont formulées de façon générale
: elles définissent un champ d’application abstrait (tous
les hommes, telle ou telle catégorie de personnes...) et appliquent
un contenu, le régime juridique.
Par exemple : la loi électorale définit un champ d’application
: tous les citoyens. Elle qualifie ce champ d’application : les électeurs.
Elle détermine le régime juridique : les électeurs
iront voter tel ou tel jour et de telle ou telle manière.
L’un des principaux problèmes du juriste n’est pas de déterminer
le régime juridique, mais le champ d’application de la règle
de droit, qui souvent pose problème.
2. Un ensemble de règles
Les règles de droit forment un ensemble cohérent, du
moins peut-on l’espérer.
Toutes les règles de droit sont obligatoires. Mais, certaines
ont une " valeur " juridique plus importantes. Cela ne signifie pas qu’elles
sont plus importantes que les autres, mais que les autres doivent s’y conformer.
Il y a ainsi une hiérarchie des règles de droit.
La norme de droit la plus importante est la constitution, qui
exprime le consentement de tous les citoyens à être gouverné.
Viennent ensuite les lois, puis les décrets. Les lois
doivent être conformes à la constitution. Les décrets
doivent être conformes aux lois et à la constitution.
En ce sens, toutes les règles de droit sont enchâssées
dans un ordre juridique, qui réunit toutes les normes de
droit dans un ensemble cohérent et hiérarchisé.
3. Des règles qui régissent le comportement des individus
La morale régit non pas le comportement de l’individu mais son
for intérieur. Le droit ne se préoccupe guère de savoir
ce que les gens pensent au fond d’eux-mêmes : ce qui importe c’est
la manière dont ils agissent : le droit est une discipline sociale,
qui ne saurait exister sans la société. L’existence du droit
suppose qu’il y ait deux personnes au moins. Le droit régira le
comportement des individus les uns envers les autres : le droit est
un ensemble de relations entre individus (cf. section II, §1).
Par exemple : le droit du mariage définit les relations entre les
époux.
4. Des règles sanctionnées par l’autorité publique
Le droit autorise certains comportements. Il en interdit d’autres.
Il arrive toutefois que les individus violent la règle de droit,
par nécessité, par ignorance ou par perversité. La
règle de droit ne serait pas obligatoire si chacun pouvait impunément
la violer. Aussi est-il nécessaire que le droit soit sanctionné
: il faut que les violations de la règle de droit soient condamnées.
Il existe, en droit, plusieurs formes de sanctions :
1. Le langage juridique
Le langage juridique utilise un certain nombre de concepts qui permettent
d’appréhender la réalité sociale. Ces concepts feront
l’objet de plusieurs cours (cf. notamment le §1 de la section II).
Sa rigueur en fait un instrument de précision très utile
dans les négociations.
2. La force obligatoire
Les normes de droit ont une force obligatoire. Cette force obligatoire
n’est pas immanente : elle découle de celui qui est l’auteur de
la norme de droit. L’État moderne a le pouvoir d’édicter
des normes de droit, obligatoires pour tous les citoyens.
§2.
La place du droit dans la société
Le droit peut tenir une place plus ou moins grande dans la société.
Il faut montrer sa fonction principale : pacifier et sécuriser les
rapports sociaux et le distinguer d’autres formes de régulation
sociale.
A. Le but du droit : pacifier et sécuriser les rapports sociaux
1. Les rapports sociaux
Le droit, on l’a vu, (§1, B, 3) régit des rapports sociaux,
c'est-à-dire des relations entre deux individus au moins.
Exemple de relation entre deux individus : le mariage.
Exemple de relation entre plusieurs individus : la société,
l’association.
Exemple de relation entre un individu et tous les autres : le droit
de propriété. En effet, être propriétaire d’un
bien signifie que personne d’autres que vous ne peut y toucher (sauf votre
autorisation).
2. Sécuriser les rapports sociaux
Le droit sert à sécuriser les rapports sociaux. Comment
? En fournissant des cadres, en posant des règles du jeu. Chacun
saura donc quelles sont les règles du jeu, et pourra agir en conséquence.
Exemple : imaginons un individu, Stanislas D.-J,. qui prête 250 G$ à un ami, Ramon P. Ce sont deux bons amis, et le prêt se fait de la main à la main, sans autres précisions. Quel sera le taux d’intérêt ? Quand Ramon devra-t-il rendre l’argent à Stanislas ? Si ces choses ne sont pas précisés, Ramon et Stanislas risque de se fâcher. Le droit va donc venir préciser ces éléments. Par exemple, le droit dira que le taux d’intérêt est 4%, et que l’argent doit être rendu à la première demande (c'est-à-dire quand Stanislas le réclame).
3. Pacifier les rapports sociaux
On a vu que connaître les règles du jeu permet de sécuriser
les relations entre individu. Elle permet aussi de les pacifier. Un juge
peut en effet s’intercaler entre les individus, et appliquer le droit.
Il évitera ainsi que les individus n’en viennent aux mains. Le
droit est un substitut de la violence. Cela est vrai aussi dans les
relations internationales : lorsque les États appliquent le droit,
ils ne se font pas la guerre.
B. Autres formes de régulation sociale : la morale, la violence.
1. Droit et violence
On voit que le droit est un substitut à la violence. Plus le
droit est développé et accepté, moins les citoyens
en viendront à la violence. D’où l’intérêt du
droit, dans une société moderne.
2. Droit et morale
Le droit et la morale ne poursuivent pas nécessairement le même
but, même s’ils peuvent se croiser. La morale vise surtout ce qui
est bien, ce qui est bon. Elle concerne également le for intérieur
de l’individu. La morale est liée à l’être humain.
Le droit ne vise pas nécessairement ce qui est bien, mais ce
qui est utile à la société. Le droit est lié
à la société.
Exemples :
- le Kode de la route oblige de faire attention à ne pas écraser
les dahus : c’est une norme de droit inspirée par la morale.
- le Kode de la route oblige à rouler à droite : ce n’est
pas une norme inspirée par la morale.
Section II. Les concepts fondamentaux du droit
§1. Les notions fondamentales : personnes, biens, obligations, droits
A. La notion de personne
La notion de personne est fondamentale en droit.
Définition : une personne est un être juridique qui
peut avoir des droits et des obligations.
Il existe différentes catégories de personnes :
1. Les personnes physiques
Il s’agit d’individus simples, qui existent physiquement.
2. Les personnes " morales "
Par opposition aux personnes physiques, on parle de personne morale.
Il s’agit d’entités juridiques fictives : on fait " comme si " elles
étaient des personnes physiques, parce que cela simplifie les raisonnements
et les opérations juridiques.
Exemple : une association. Une association est une union de
plusieurs personnes, dans un objet précis. L’association est aussi
une personne morale, distincte de chacun de ses membres. Elle peut avoir
des droits et des obligations, distincts des droits et des obligations
de ses membres. Elle peut donc avoir son propre compte en banque, ses propres
immeubles, ses propres dahus, etc.
Il existe plusieurs types de personnes morales :
Toutefois, il est possible d’avoir un droit sans obligation et une obligation sans droit.
Exemple de droit sans obligation : le droit de vote.
Exemple d’obligation sans droit : payer des impôts.
(Encore pourrait-on soutenir que les deux sont liés...).
Conclusion : l’ensemble du droit tourne autour de ces trois concepts. Ils sont fondamentaux, et il est absolument nécessaire de les comprendre.
§2.
Les distinctions fondamentales
Le droit privé est le droit qui concerne les relations entre
les individus normaux (personnes physiques, associations, sociétés).
Le droit public est celui des relations où l’État intervient.
A. Le droit public
Le droit public est le droit des relations où l’État
intervient. Il se subdivise en plusieurs branches.
1. Le droit constitutionnel
Il s’agit des mécanismes qui concernent la vie politique : élection,
exercice du pouvoir, etc.
2. Le droit administratif
Il s’agit du droit qui concerne la vie quotidienne de l’administration
:
4. Le droit judiciaire
Il s’agit du droit de l’organisation des procès.
B. Le droit privé
Le droit privé concerne les relations entre personnes privées.
1. Droit de la famille
Il s’agit du droit des relations familiales : mariage, divorce, héritages,
autorité parentale,...
2. Droit des personnes
Il s’agit du droit qui régit le statut des personnes (État-civil,
adresse, nom...).
3. Droit des biens
Il s’agit du droit qui régit les biens (étonnant, non
?) : statut des biens, garanties, etc.
4. Droit des obligations
Il se subdivise en deux catégories (essentiellement).
Sujet du devoir : comparez la place du droit au Krassland et en RFV.
Méthodologie :
(1) Présentation formelle. la dissertation universitaire
n’est pas une thèse. Elle doit donc tenir en au plus une page (Word
97, 12 pt, interligne = 1).
L’introduction est essentielle. Entre 1/4 et 1/3 du devoir (en droit)
elle introduit le sujet, propose une problématique, c'est-à-dire
une façon de voire le sujet, et annonce le plan.
Le plan juridique est traditionnellement en deux parties (I / II),
deux sous parties (A/B). Néanmoins, ce formalisme ne nous semble
pas essentiel.
Une conclusion n’est pas nécessaire. En effet, si vous résumez
ce que vous avez dit, vous vous répétez. Si vous dites quelque
chose de nouveau, il fallait en parler avant...
Puisque c’est le premier devoir, nous ne tiendrons pas tellement compte
de ces questions formelles.
(2) Recherche d’information. Le premier travail du juriste consiste à collecter les informations. Il peut donc être utile d’aller faire un tour sur le site Internet du Krassland, lire la constitution, les lois, les décrets la jurisprudence. Une section juridique identique existe également sur le site de la RFV (http://rfv.tsx.org).
(3) élaboration de la problématique. Le sujet est un sujet de comparaison. Il faut bien entendu éviter de faire un plan qui serait :
I. Le Krassland,
II. La RFV.
Le plus simple est sans doute de faire :
I. Points communs
II. Différences
(ou l’inverse). Ce qui est mieux, c’est de " déguiser " ce plan
en trouvant des idées. Je ne vous en dit pas plus, sinon je fais
le devoir à votre place et on en parle plus.